( 19 juin, 2008 )

Le droit de penser différement

Bonjour,

 

Aujourd’hui, je vais toucher un peu au terrain de la justice.

En effet, je pense que notre système nécessite une nouvelle manière de penser. Actuellement, la justice considère qu’il y a des délinquants, mais en y regardant de plus près, ces délinquants ne sont-ils pas des victimes oubliées de la société?

 

Quand on veut se débarrasser de son chien, on l’accuse de la rage.

 

Notre société fait la même chose. Tous les condamnés sont les victimes d’une société qui n’a pas su, pu ou voulu détecter et prendre en charge pour soigner les problèmes d’un individu depuis sont plus jeune âge. Ces mêmes problèmes, laissés en friche, seront le terrain fertile d’actes monstrueux mais prévisibles.

Ainsi, la société elle-même pense qu’un enfant élevé par des parents « spéciaux » deviendra lui-même un cas « spécial » de la société puisque les homosexuels ne se voient pas accorder le droit d’adopter pour cette raison. Or, dans notre société de ‘‘tolérance’’, seule la norme compte, les personnes spéciales ne sont pas vues d’un bon œil.

Personne n’aime se faire rappeler à l’ordre.

Or, chaque suicide, chaque crime, chaque délit est un rappel à l’ordre de son échec pour la société. Un rappel à l’ordre qui vient d’un individu qui a « craqué ».

Mais la société préfère oublier ces individus qu’elle n’a jamais aidé dans des cellules toujours plus nombreuses et plus pleines à craquer plutôt que de reconnaître ses erreurs de fonctionnement et de chercher à s’améliorer.

Notre société préfère dépenser notre argent pour construire plus de prisons plutôt que dépenser notre argent à soigner les personnes malades enfermées dans ses prisons déjà existantes.

Ce fonctionnement est d’ailleurs la preuve de sa décadence et de l’absence de tête bien-pensante dans ses leaders. La politique répressive actuelle me fait plus penser à celle d’une personne qui met en place les moyens de faire un coups d’Etat qu’à celle d’une personne qui cherche à améliorer les individus de la société, et par ce moyen la société elle-même.

Plus de restrictions, plus de répressions, plus de policiers, plus de prisons, plus d’emprisonnements sont les attributs des régimes tyranniques. Il en est de même de la concentration des pouvoirs qui aujourd’hui a tendance à revenir à la mode.

Le pouvoir appelle le pouvoir… Plus, toujours plus…

 

Toute vie tend vers l’amélioration, l’évolution de Darwin est la conséquence de cet axiome. Le comportement asociale de certaines personnes d’une société découle de cet axiome et des règles de cette société. La victime de la société, ne voyant pas comment évoluer en son sein, comment s’améliorer en son sein, ne voit pas d’autre choix que de chercher des solutions en dehors des règles de la société. Il en découle qu’une société ou un groupe social qui rejette un de ses individus le pousse a se faire délinquant.

Ce phénomène est très bien observé au sein du noyau familiale. Lorsque des parents délaissent un enfant, ce dernier va commettre des bêtises. Les parents devront sanctionner la bêtise, bien-entendu. Mais la différence entre les parents classiques « cromagnonesque » et les parents moderne, « supernanyesque », c’est que les derniers analysent la véritable cause du problème et changent leur comportement pour éviter la récidive de leur enfant là où les premiers imposent sans les expliquer leurs règles par la force.

 

La force est certes un moyen d’imposer ses vues aux autres, mais la force ne peut imposer ses vues qu’à des plus faibles.

Aujourd’hui, l’Homme a suffisamment utilisé ses muscles, il devrait essayer d’utiliser sa matière grise… D’ailleurs, la nature qui fait toujours bien les choses bouleverse le schéma millénaire de l’organisation des société humaines fondées sur la force (masculine) en y introduisant une organisation fondée sur la matière grise (féminine).

 

Vous imaginez-vous punir systématiquement sans réfléchir et sans explication votre enfant par une fessée ou en l’enfermant dans une cave ou au grenier chaque fois qu’il enfreint une de vos normes ? Non, d’ailleurs la société elle-même ne manque pas de punir l’abus de ce type de punition au sein du noyau familiale… Par contre, quand il s’agit de le faire pour elle-même…

En effet, notre société se comporte à l’égard de chacun de ses individus (non-privilégié) comme les parents « cromagnonesques » puisque le simple fait de violer une norme suffit pour être condamné. Notre société ne se demande pas pourquoi la norme a été violée. Elle ne se demande ni ce qu’il faudrait soigner chez celui qui a violer la norme (pour éviter sa récidive), ni ce qu’il faudrait modifier chez elle pour éviter la multiplication des comportements déviants.

Il faut reconnaître qu’elle prend quand même un peu en charge les dommages collatéraux qu’elle appelle victime. Mais cette distinction de traitement fausse les relations société/victime/dommage collatéraux en la montrant sous l’angle société/délinquant/victime.

Dans le premier schéma (purgé des émotions et des apparences), chaque acteur fait partie de la société, chaque acteur a un rôle utile et chaque acteur a intérêt à aider les autres pour améliorer la société et ses individus.

Dans le second schéma (chargé en émotions et fondé sur les apparences), le délinquant est évincé de la société. Elle le rejette et le condamne sans essayer de le comprendre. Et quand elle essaie de le comprendre, c’est pour mieux se retourner contre lui. Ce second schéma qui affiche l’ambition paradoxale de réinsérer ses délinquants ne fonctionnera jamais. Les bons résultats obtenus sont exclusivement dus à la volonté de la victime (= du délinquant) de se soigner malgré les dommages causés par la société et les émotions. Bref, il n’y a de bon résultat que lorsque la victime n’est pas vraiment malade ou est suffisamment entourée ou intelligente pour s’en sortir sans la société.

Les émotions, les passions, notamment lorsque les dommages collatéraux sont des personnes, brouillent la pensée, échauffent les esprit et noient le poisson.

Aujourd’hui, le jeu des émotions et des passions amplifié par les manipulations politico-médiatiques permet de prendre des lois, dont la vocation est d’être une règle générale, pour répondre à un cas particulier artificiellement chargé en émotions et en passions.

Toutes les lois prises sous la pression de l’émotion et sous l’influence des passions sont condamnées à devenir de mauvaises lois, si elles ne sont pas déjà de mauvaises lois. En effet, les circonstances qui encadrent l’apparition de ces lois ne dureront pas longtemps contrairement aux lois votées.

Trop de lois tue la loi.

Il faut réformer la loi et le système judiciaire, mais en diminuant le nombre de lois et en transformant le schéma société/délinquant/victime en schéma société/victime/dommage collatéral. Il faut redonner au juge le pouvoir d’adapter les sanctions au cas pas cas. La loi étant générale, c’est à la jurisprudence de s’attacher aux cas particuliers. En contre-partie, il faut sanctionner les juges pour les fautes grossières qu’ils commentent dans leur travail de manière à les responsabiliser (il est impensables que les personnes appelées à responsabiliser le peuple soient irresponsables !!!) et à les forcer à un faire un effort de qualité.

 

J’ai encore énormément de chose à écrire, mais ce sera pour plus tard.

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