( 27 février, 2009 )

Période trouble

Bonjour,

 

 

 

 

Qui a vu la crise arriver? Et pourtant, certains indices étaient déjà là il y a une quinzaine d’années. Mais peut-être qu’on ne voit pas ce qu’on ne cherche pas. Les questions se posent quand les cadrans sont au rouge et pourquoi changer un système qui en apparence fonctionne ?

 

Pourtant, lors des premières délocalisations déjà, a été posé la première pierre de cette crise qui apeure le monde.

 

Comment-ça ?

 

Le plus simplement du monde vous dirait Henry Ford : en rétrécissant systématiquement le nombre d’éléments de l’ensemble C des clients.

 

En effet, outre l’application du taylorisme, Ford a eu l’idée que ses ouvriers étaient aussi ses clients. Cette idée permis le succès de la Ford T qu’un ouvrier de chez Ford pouvait s’acheter avec trois mois de paie. Aujourd’hui, on est loin des trois mois…

 

 

En délocalisant les moyens de productions une entreprise d’un pays riche délocalise aussi le pouvoir d’achat de ses employés. On se retrouve donc dans une situation critique :

 

-         Les employés des pays riches ne peuvent plus acheter les produits de l’entreprise parce qu’ils n’ont plus d’emploi ou un emploi précaire.

-         Les employés des pays pauvres ne peuvent pas encore s’acheter les produits de l’entreprise parce qu’ils ne gagnent pas assez d’argent, que leur emploi est précaire et qu’ils ont de toutes les manières bien souvent d’autres priorités (survivre).

 

L’entreprise se retrouve donc avec ses produits sur les bras, sans acheteur.

 

La délocalisation a tué l’emploi en France, l’emploi mort c’est la consommation qui trinque… Surtout quand les consommateurs vivaient à crédit… Qu’ils ne remboursent pas, mettant ainsi les banques en difficultés… Les empêchant de jouer leur rôle de prêteurs de fonds… Mettant ainsi doublement les entreprises en péril (pas d’acheteur et pas de prêt).

 

Or vous le savez, si les entreprises et les emplois ne sont pas sauvés, nous vivrons la plus grosse crise sociale depuis 1789.

 

Il faut donc pour sortir de la crise ‘‘relocaliser’’ pour recréer l’ensemble des clients (=travailleurs/consommateurs) qui ont disparu par la délocalisation.

 

Bref, tout est lié, travailleurs et consommateurs sont les mêmes personnes. Pas de travailleurs, pas de consommateurs. Des travailleurs mécontents, des consommateurs mécontents…


 

 

Par ailleurs, il est bien souvent navrant de voir que les salariés sont presque toujours traités comme des canards boiteux. A croire que l’entreprise pourrait se développer sans eux.

 

Là encore je voudrai dénoncer un comportement paradoxal des entreprises : L’employé se retrouve trop souvent comme quelqu’un qui doit toujours lutter (pour conserver son travail, pour obtenir d’éventuelles augmentations, contre la pression, le stress, la frustration) alors qu’en tant que consommateur, le même employé est un client potentiel à qui ont fait des courbettes (désir, sourire, plaisir).

 

Ainsi, ces personnes passent d’un environnement à son contraire presque tous les jours. Cela les rends peut-être plus solides, mais c’est fatiguant d’avoir à toujours s’acclimater. Imagez-vous devoir passer de –10° à +30° presque tous les jours…

Bichonner ses employés, c’est bichonner des consommateurs, et à l’échelle de tous les employeurs c’est bichonner la consommation.

Pourquoi les employés les plus productifs du monde ou presque n’ont pas les salaires les plus attrayants ?

 

Les employeurs sont les artisans de la consommation, ensembles, ils peuvent la ralentir ou l’accélérer pour peu qu’ils en aient conscience et qu’ils en tiennent compte dans leur budget. Les bénéfices sont issus des investissements et du travail, pourquoi systématiquement privilégier le premier sur le second ?

Le choix est de distribuer beaucoup de bénéfices aux associés (les investisseurs) au détriment du travail (les créateurs de richesses)

ou de revoir la répartition des bénéfices en augmentant la part attribuée au travail pour le revaloriser et redonner l’envie aux gens de travailler et le pouvoir de consommer. La revalorisation du travail voulue par M. Sarkozy ne se fera pas sans en passer par là.

 

Il est aussi souhaitable que l’Etat revoie sa copie sur les charges que coûtent un employé. La taxe professionnelle, c’est mieux que rien, mais cela n’incitera pas les artisans à recruter.

 

Voici une piste de nouvelle répartition possible de l’argent des charges sociales. Quid de distribuer une partie de cet argent directement aux salariés ? La perte financière qui en résulterait pour l’Etat serait en partie compensée par le surcroît d’impôt sur le revenu et de TVA sur la consommation des salariés concernés. Pour le reste, y compris je pense le fameux trou sans fond, ne suffirait-il pas d’encadrer le nombre de visites médicales remboursées ? Cela aurait au moins l’avantage de permettre la budgétisation et donc la maîtrise et d’une partie des dépenses.

 

Par exemple la société rembourserait pour une personne normale :

Une visite par semaine pour les enfants de moins d’un an,

Une par mois pour un enfant de 1 à 14 ans,

Une tous les deux mois pour les enfants de 15 à 20,

Une tous les 6 mois pour les personnes de 21 à 45 ans,

Une tous les 3 mois pour les personnes de 45 à 60 ans,

Une tous les mois et demi pour les personnes de 61 à 75 ans,

Une toutes les trois semaines pour les personnes de 75 ans et plus.

Tous les cas d’urgence avérés.

Un régime spécial ou d’exception plus favorable doit être déterminé pour les personnes nécessitant des soins longs, récurrents, chroniques comme celles atteinte de cancer, du sida… Il pourrait être à part et financé d’une autre manière.

 

De plus, la prescription de certains produits comme la pilule devrait être mieux réglementer en ce sens qu’une femme n’a pas besoin de payer 20 € une consultation de 15 minutes tous les mois même si elle en est remboursée. En effet, tous les 6 mois voir tous les ans serait suffisant. Multipliez le nombre de femmes qui prennent la pilule par le prix d’une consultation et par 12 mois pour savoir combien d’argent est jeté par les fenêtres chaque année par la sécurité sociale dont vous remplissez les caisses.

 

Voilà, il y a encore beaucoup de choses à faire ou à dire, mais commencer par là permettra un jour de voir le bout du tunnel sans crainte d’avoir à y retourner.


Cordialement


Pas de commentaires à “ Période trouble ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|