( 20 juin, 2008 )

Mais que fait la justice?

J’ai récemment entendu une plaidoirie de procureur de la république française qui m’a fait bondir. Je ne peux bien évidemment pas ne pas m’exprimer sur ce sujet dont voici le contexte :

Une personne sort d’un dîner arrosé, elle a bien bu, bien manger, et pour le moment, elle est tout ce qu’il a de plus banal dans notre société.

Cette personne voudrait rentrer chez elle, mais son seul moyen de locomotion est sa voiture. En effet, à l’heure ou elle ressort de chez ses amis, il n’y a plus de transport en commun (voir, là ou elle habite, il n’y en a pas…). Sont trajet est de 10 minutes, une nationale bien éclairée.

Pas de bol pour cette personne, malgré l’heure, un certain service publique qui lui ne s’arrêtent pas et ne fait pas grève (ils n’ont pas le droit eux… et nous sommes égaux en droit dit-on mais c’est une autre histoire…) l’arrête sur le bas côté de la route pour un contrôle.

Avant ce contrôle, tout ce passait assez bien pour cette personne banale. Consciente de son état d’ivresse, elle se concentrait sur la route pour bien en respecter le code.

Après ce contrôle, cette personne banale se retrouve au poste, puis en comparution immédiate. En effet, sous la pression administrative, la majorité de ces personnes cèdent et acceptent la comparution immédiate, avec un avocat qu’on lui trouve au pied levé et qui va le défendre avant d’avoir pu connaître le dossier !!! On leur promet une justice rapide, ça pour être rapide, elle l’est. Elle est même franchement expéditive, un peu comme en Chine voyez vous, mais en France…

Pendant le procès, la personne va se faire humilier par le procureur qui se lâche complètement, manquant parfois de peu de faire tomber leur proie en larme.

La phrase qui m’a le plus choqué a été hurlé par le procureur contre une personne banale qui n’avait toujours tué personne, mais qui avait été prise 4 fois en 6 ans en conduite en état d’ivresse… 4 fois en 6 ans !!! c’est même pas les 6 saint sylvestre…

Je vous la cite fidèlement l’expression qui m’a fait bondir

Un conducteur bourré est « un meurtrier en puissance ».

Bien évidement elle demande à ce titre que cette personne soit condamné à la prison… avec sursis…ou ferme !

Pourquoi cela m’a-t-il fait bondir ?

Méditons ensembles si vous le voulez bien sur une situation parallèle.

Dire qu’une personne saoul au volant est un meurtrier en puissance équivaut à dire qu’un homme saoul possédant un appareil génital est un violeur en puissance. Ou qu’une femme enceinte saoul est une meurtrière en puissance.

En effet, un meurtrier en puissance est un meurtrier qui se met dans les condition de commettre le crime mais ne l’a pas encore commis.

De même, un violeur en puissance est une personne qui se met en situation de commettre un viol mais ne l’a pas encore commis.

Or, un homme saoul, ça saoul comme diraient beaucoup de femmes, et ça saoul parce qu’il ne sait plus se tenir en société. La réciproque est vraie. Il est désinhibé et se sent plus fort. Souvent d’ailleurs, on en voit se battre sur les parking de discothèque et les mesures de sécurité prises lors des fêtes montrent la conscience que nous avons de cet état de fait.

Un homme saoul est capable de sortir un pistolet et de tirer sur une personne sur un parking de discothèque, il est aussi capable d’utiliser un couteau pour tuer.

Pourquoi cet homme saoul ne serait pas capable d’utiliser son organe sexuel pour violer une fille ou une femme ?

Une femme enceinte saoul peut perdre l’équilibre dans un escalier et faire une chute mortel pour l’enfant qu’elle attends depuis 7 mois… Son droit d’avorter étant périmé, doit-elle être condamnée ?

C’est pourquoi, un homme saoul avec une bite est, en appliquant la même théorie que celle de la justice française et de l’Etat, un violeur en puissance et une femme enceinte saoul qui descend un escalier est une meurtrière en puissance, ou une mère de famille qui après un bon apéro monte son nourrisson se coucher et tombe dans les escaliers avec lui dans les bras et le tue.

Faut-il envoyer tous les hommes avec un sexe saouls en prison parce qu’ils sont des violeurs en puissance?

Faut-il envoyer toutes les femmes qui prennent un escalier saoules avec leur nourrisson dans les bras en prison parce qu’elle sont des meurtrières en puissance?

Faut-il envoyer toutes les personnes saoules qui prennent le volant en prison parce qu’il sont des meurtriers en puissance ?

Il est évident que la réponse est non, c’est le bon sens. En effet, saoul ou pas, une personne au volant peut à tout moment renverser quelqu’un en perdant le contrôle de son véhicule (un animal le surprends, le soleil l’éblouit, la route glisse plus que d’habitude…) ce qui fait d’elle, toujours selon la théorie actuelle de l’état et de la justice française, une meurtrière en puissance.

Un accident n’est pas un meurtre tout simplement parce que pour qu’il y ai meurtre, il faut la volonté de tuer. Or, une personne saoule au volant n’a pas la volonté de tuer (a priori). D’ailleurs, comment faire la différence entre celui qui se saoul pour trouver le courage de tuer quelqu’un en le renversant avec une voiture et celui qui se saoul et renverse quelqu’un par accident ?

Outre que ces procès ne respectent presque jamais les vrais droits de la défense qui imposent un délai raisonnable pour la préparer correctement, ces condamnations à la prisons de plus en plus courantes de personnes qui ne sont que ponctuellement dangereuses pour la société sont une honte pour un pays de droit et aboutissent à un encombrement inutile des prisons.

Tant qu’il n’y a pas d’accident, il serait beaucoup plus adapté de vérifier si la personne a l’habitude de boire ou non et si oui, de l’inciter à se faire soigner en lui en fournissant les moyens, tout en sanctionnant sévèrement celui qui tué à cause de son comportement (vitesse, alcool, véhicule mal entretenu, stupéfiants, conduite dangereuse…).

Une deuxième solution, beaucoup plus archaïque, mais bien plus logique que celle qui prévaut actuellement, serait d’interdire purement et simplement de boire plus de deux ou trois verres par jour ; cela pour empêcher tout individu de se placer dans une situation qui risque de mettre en danger sa vie ou celle des autres.

Voilà, j’ai dis assez pour aujourd’hui, je vous laisse sur cette anecdote pas trop rigolote :

Aujourd’hui, un policier qui abat volontairement un civil risque moins qu’un civil qui renverse accidentellement un civil… Sommes nous vraiment en république ou nous en donne-t-on l’illusion ?

( 19 juin, 2008 )

Le droit de penser différement

Bonjour,

 

Aujourd’hui, je vais toucher un peu au terrain de la justice.

En effet, je pense que notre système nécessite une nouvelle manière de penser. Actuellement, la justice considère qu’il y a des délinquants, mais en y regardant de plus près, ces délinquants ne sont-ils pas des victimes oubliées de la société?

 

Quand on veut se débarrasser de son chien, on l’accuse de la rage.

 

Notre société fait la même chose. Tous les condamnés sont les victimes d’une société qui n’a pas su, pu ou voulu détecter et prendre en charge pour soigner les problèmes d’un individu depuis sont plus jeune âge. Ces mêmes problèmes, laissés en friche, seront le terrain fertile d’actes monstrueux mais prévisibles.

Ainsi, la société elle-même pense qu’un enfant élevé par des parents « spéciaux » deviendra lui-même un cas « spécial » de la société puisque les homosexuels ne se voient pas accorder le droit d’adopter pour cette raison. Or, dans notre société de ‘‘tolérance’’, seule la norme compte, les personnes spéciales ne sont pas vues d’un bon œil.

Personne n’aime se faire rappeler à l’ordre.

Or, chaque suicide, chaque crime, chaque délit est un rappel à l’ordre de son échec pour la société. Un rappel à l’ordre qui vient d’un individu qui a « craqué ».

Mais la société préfère oublier ces individus qu’elle n’a jamais aidé dans des cellules toujours plus nombreuses et plus pleines à craquer plutôt que de reconnaître ses erreurs de fonctionnement et de chercher à s’améliorer.

Notre société préfère dépenser notre argent pour construire plus de prisons plutôt que dépenser notre argent à soigner les personnes malades enfermées dans ses prisons déjà existantes.

Ce fonctionnement est d’ailleurs la preuve de sa décadence et de l’absence de tête bien-pensante dans ses leaders. La politique répressive actuelle me fait plus penser à celle d’une personne qui met en place les moyens de faire un coups d’Etat qu’à celle d’une personne qui cherche à améliorer les individus de la société, et par ce moyen la société elle-même.

Plus de restrictions, plus de répressions, plus de policiers, plus de prisons, plus d’emprisonnements sont les attributs des régimes tyranniques. Il en est de même de la concentration des pouvoirs qui aujourd’hui a tendance à revenir à la mode.

Le pouvoir appelle le pouvoir… Plus, toujours plus…

 

Toute vie tend vers l’amélioration, l’évolution de Darwin est la conséquence de cet axiome. Le comportement asociale de certaines personnes d’une société découle de cet axiome et des règles de cette société. La victime de la société, ne voyant pas comment évoluer en son sein, comment s’améliorer en son sein, ne voit pas d’autre choix que de chercher des solutions en dehors des règles de la société. Il en découle qu’une société ou un groupe social qui rejette un de ses individus le pousse a se faire délinquant.

Ce phénomène est très bien observé au sein du noyau familiale. Lorsque des parents délaissent un enfant, ce dernier va commettre des bêtises. Les parents devront sanctionner la bêtise, bien-entendu. Mais la différence entre les parents classiques « cromagnonesque » et les parents moderne, « supernanyesque », c’est que les derniers analysent la véritable cause du problème et changent leur comportement pour éviter la récidive de leur enfant là où les premiers imposent sans les expliquer leurs règles par la force.

 

La force est certes un moyen d’imposer ses vues aux autres, mais la force ne peut imposer ses vues qu’à des plus faibles.

Aujourd’hui, l’Homme a suffisamment utilisé ses muscles, il devrait essayer d’utiliser sa matière grise… D’ailleurs, la nature qui fait toujours bien les choses bouleverse le schéma millénaire de l’organisation des société humaines fondées sur la force (masculine) en y introduisant une organisation fondée sur la matière grise (féminine).

 

Vous imaginez-vous punir systématiquement sans réfléchir et sans explication votre enfant par une fessée ou en l’enfermant dans une cave ou au grenier chaque fois qu’il enfreint une de vos normes ? Non, d’ailleurs la société elle-même ne manque pas de punir l’abus de ce type de punition au sein du noyau familiale… Par contre, quand il s’agit de le faire pour elle-même…

En effet, notre société se comporte à l’égard de chacun de ses individus (non-privilégié) comme les parents « cromagnonesques » puisque le simple fait de violer une norme suffit pour être condamné. Notre société ne se demande pas pourquoi la norme a été violée. Elle ne se demande ni ce qu’il faudrait soigner chez celui qui a violer la norme (pour éviter sa récidive), ni ce qu’il faudrait modifier chez elle pour éviter la multiplication des comportements déviants.

Il faut reconnaître qu’elle prend quand même un peu en charge les dommages collatéraux qu’elle appelle victime. Mais cette distinction de traitement fausse les relations société/victime/dommage collatéraux en la montrant sous l’angle société/délinquant/victime.

Dans le premier schéma (purgé des émotions et des apparences), chaque acteur fait partie de la société, chaque acteur a un rôle utile et chaque acteur a intérêt à aider les autres pour améliorer la société et ses individus.

Dans le second schéma (chargé en émotions et fondé sur les apparences), le délinquant est évincé de la société. Elle le rejette et le condamne sans essayer de le comprendre. Et quand elle essaie de le comprendre, c’est pour mieux se retourner contre lui. Ce second schéma qui affiche l’ambition paradoxale de réinsérer ses délinquants ne fonctionnera jamais. Les bons résultats obtenus sont exclusivement dus à la volonté de la victime (= du délinquant) de se soigner malgré les dommages causés par la société et les émotions. Bref, il n’y a de bon résultat que lorsque la victime n’est pas vraiment malade ou est suffisamment entourée ou intelligente pour s’en sortir sans la société.

Les émotions, les passions, notamment lorsque les dommages collatéraux sont des personnes, brouillent la pensée, échauffent les esprit et noient le poisson.

Aujourd’hui, le jeu des émotions et des passions amplifié par les manipulations politico-médiatiques permet de prendre des lois, dont la vocation est d’être une règle générale, pour répondre à un cas particulier artificiellement chargé en émotions et en passions.

Toutes les lois prises sous la pression de l’émotion et sous l’influence des passions sont condamnées à devenir de mauvaises lois, si elles ne sont pas déjà de mauvaises lois. En effet, les circonstances qui encadrent l’apparition de ces lois ne dureront pas longtemps contrairement aux lois votées.

Trop de lois tue la loi.

Il faut réformer la loi et le système judiciaire, mais en diminuant le nombre de lois et en transformant le schéma société/délinquant/victime en schéma société/victime/dommage collatéral. Il faut redonner au juge le pouvoir d’adapter les sanctions au cas pas cas. La loi étant générale, c’est à la jurisprudence de s’attacher aux cas particuliers. En contre-partie, il faut sanctionner les juges pour les fautes grossières qu’ils commentent dans leur travail de manière à les responsabiliser (il est impensables que les personnes appelées à responsabiliser le peuple soient irresponsables !!!) et à les forcer à un faire un effort de qualité.

 

J’ai encore énormément de chose à écrire, mais ce sera pour plus tard.

|